Access To Public Information:
A Key To Commercial Growth And Electronic Democracy

Conference - Stockholm
27/28 June 1996



Flags of 15 EU Member States

Accès public et sources statistiques officielles

Daniel BYK, Chef de l'Unité "Relations publiques, diffusion, synthèses", EUROSTAT

Mon intervention vise à présenter le point de vue, les interrogations et les perspectives du Système Statistique Européen, c'est-à-dire de l'ensemble constitué par les Instituts nationaux de statistiques dans 15 pays membres de l'UE et par Eurostat, l'Office de la C.E. et Direction Générale de la Commission.

Les statistiques officielles sont construites grâce à des règles de protection de la confidentialité des données individuelles.

Leur qualité, leur fiabilité en dépendent.

Elles sont aussi et fondamentalement une infrastructure de la démocratie et de l'économie de marché.

Cependant, dans le contexte actuel d'émergence d'une société de l'information, les statistiques officielles deviennent de plus en plus des "matières premières" pour le développement de services marchands, générateurs de croissance et d'emploi.

Ces trois qualifications constituent le cadre, les références qui caractérisent le rôle et la place de l'information statistique officielle dans les sujets abordés aujourd'hui en liaison avec l'accès à l'information publique.

Je limiterai mon propos à trois thèmes qui me paraissent essentiels.

  1. Les conditions d'accès et d'utilisation des statistiques publiques;
  2. Les chances de synergie entre secteur public et opérateurs privés dans ce domaine;
  3. L'accès aux répertoires gérés par la statistique publique en Europe.

L'analyse de la qualité, des performances, de l'intégration dans le fonctionnement des sociétés démocratiques des systèmes statistiques publics en Europe ou plus largement pour l'ensemble des pays développés est simple et concluante. Les meilleures performances sont obtenues dans les pays où la statistique publique ne sert pas seulement les besoins de la gestion gouvernementale mais aussi ceux de la société dans son ensemble. Cette qualité ne réside pas seulement dans les objectifs mais résulte des règles de fonctionnement. Paradoxalement, ce sont dans les pays qui imposent à leurs systèmes statistiques nationaux d'atteindre des objectifs commerciaux ou de recettes dans leur diffusion qui sont reconnus comme offrant les meilleurs services d'informations. Ce constat est valable par exemple pour les services statistiques des pays nordiques mais aussi pour un pays du continent américain comme le Canada.

Le soucis de satisfaire la demande des utilisateurs quand il est renforcé par la nécessité budgétaire est source de qualité, d'utilité et de pertinence. L'alternative en cette période de fébrilité des budgets de l'administration est simple: réduction de l'information collectée et diffusée et donc des potentialités de croissance et d'utilité pour la société de l'information.

Mes collègues de Statistiks Danmarks ont une façon élégante de résumer ce principe à développer et à faire partager: l'information statistique est gratuite, les médias ou la diffusion sont payants. En d'autre termes, la communication au public des indicateurs essentiels, la consultation par les citoyens des données disponibles auprès des INS ne sont pas en cause mais l'accès, la diffusion à d'autre fin doit faire l'objet d'une tarification. Et cela pas seulement pour des raisons d'économies budgétaires mais parce qu'il s'agit d'une sorte d'indication de qualité et d'incitation à rechercher l'utilité.

Dès lors, le champs est ouvert pour de véritables synergies entre le SSE et des opérateurs privés. Entre les données statistiques et leur utilisation facile et pertinente, un ou des médiateurs sont nécessaires.

Cette médiation qui assure la lisibilité représente une valeur ajoutée par rapport à la donnée brute.

L'utilisateur final souhaite rarement être confronté à une base de données ou à un produit publication sur papier ou sur support électronique qui ne contient que des statistiques et leur définitions. Il attend une réponse, un service, une utilisation de la statistique pour illustrer, expliquer, fonder une question, une étude.

Ce travail interprétatif, analytique voire même subjectif est le plus souvent mieux fait par des organismes, entreprises ou personnes proches des besoins de l'utilisation plus que de la production statistique.

Qu'il s'agisse d'ouvrages éducatifs, de tableaux de bord pour dirigeants d'entreprises, de produits d'aide à la décision alliant par exemple statistiques locales et données cartographiques dans un système d'information géographique construit à des fins de géo marketing etc...

En d'autres termes, les synergies sont possibles, nécessaires, déjà réalisées mais elles dépendent de la bonne santé, du bon fonctionnement du système statistique public. Chaque partie doit donc y trouver son compte, sa reconnaissance.

Les répertoires de la statistique publique offre de brillantes illustrations de ces deux derniers points.

Il est clair et indiscutable que des répertoires contenant des données individuelles sur des personnes physiques doivent être strictement protégés de toute forme d'accès susceptible de violer la confidentialité des données personnelles. Des techniques reposent en particulier sur l'anonymisation permettant de respecter cette base absolue de la confiance des citoyens dans l'indépendance du système statistique public sans interdire l'utilisation pour des chercheurs mais aussi pour des analyses plus commerciales.

La situation est plus difficile pour ce qui est des répertoires d'entreprises. Dans la majorité des Etats membres de l'UE, l'utilisation de ces répertoires à des fins commerciales est impossible.

Pour d'autres pays, la France ou certain pays nordiques, tel n'est pas le cas. Certes les données utilisables pour constituer à la demande, des fichiers d'entreprises sont limités à des informations déjà publique en principe (adresse, activités, chiffres d'affaire, emploi, ...).

Mais force est de constater la corrélation étroite entre la qualité et l'utilité de ces répertoires et leurs accessibilité par le public et opérateurs commerciaux. De bons répertoires sont en outre d'une grande utilité pour le développement de la statistique officielle et pour l'amélioration de son rapport coût/efficacité.

Sur ce sujet précis, de considérable progrès peuvent être réalisés dans le cadre des travaux auxquels contribuent cette conférence.

Bien plus qu'un débat sur la gratuité de l'information statistique, il y a là un objectif à poursuivre au niveau de l'UE mais aussi dans chaque pays concernés pour obtenir un meilleur accès à l'information détenue par l'administration et qui soit source de croissance économique dans le cadre de la société de l'information.



I*M Europe Home ] [ LAB Home ] [ Help ] [ Frequently Asked Questions (FAQs) ] [ Subject Index ] [ Text Search ]
Discussion forums ] [ Feedback and queries ] [ Europa WWW server ]

Home - Gate - Back - Top - Byk - Relevant


©ECSC-EC-EAEC, Brussels-Luxembourg, 1996
webmaster@echo.lu